Premier jour d'école.....
J'avais déjà des souvenirs dans ma campagne. Je partais l'après-midi avec ma mère garder les vaches dans la forêt...Et puis il y avait d'autres voisins, croisés au cours de ces pacages itinérants....Un Vieux "Yayé " aux cheveux blancs gardait aussi son troupeau. Je l'aimais bien , moi le Yayé et je disais à qui voulait l'entendre que oui, j'irais à l'école...Mais avec Yayé!
Mais au jour dit....J'entrais en deuxième année de Maternelle, avec un cartable mais sans Yayé Et ce fut dur! ...Ce fut dur!
Et de plus, quand à midi, je quittais l'école pour le déjeuner chez des cousins parce qu'il n'y avait pas encore de cantine....Ce fut la déception....
On m'avait bien dit que j'irais à l'école...mais on avait oublié de me préciser qu'il ne s'agissait pas d'un aller simple: il fallait y revenir!Encore et encore!
Je m'en souviens !
Et depuis, je comprends mieux la détresse de certains enfants ,lors de leur entrée en Maternelle.Il faut que les choses soient claires pour eux!
Mais quand ma maman m'amenait à l'école sur son solex, le matin, j'apercevais l'appartement de la maîtresse; il devait être de fonction. Et par la porte ouverte...un salon en rotin!
Je me disais alors que plus tard, je serais maîtresse et que j'aurais un salon en rotin!...
Il y eut aussi des siestes sur la table, des préparations de costumes de fin d'année et le jeu chanté "enfilons les aiguilles de bois...Normal pour un pays de pins!
Mais surtout la maîtresse m'avait mise au fond ...et on ne savait pas encore que j'étais myope comme une taupe!Je my suis ennuyée , au fond!...
Et quand la maîtresse faisait venir des enfants pour réciter...j'avais très vite compris que les enfants de notables du village avaient la part belle: les enfants du maire, du pharmacien, du gendarme., de l'institutrice....
Cela ne m'a même pas dégoûté de l'école!....Au contraire!...Je crois que j'ai très vite compris ce qu'elle pouvait m'apporter, à moi, la fille de paysans....
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J'avais en CM2 pour maîtresse , une lointaine cousine...qui , à ce titre sans doute ne me passait pas grand-chose, selon le vieil adage »qui aime bien, châtie bien. »
Je me souviens d'un retour de vacances de Noël, un matin froid de janvier ,où assise à mon pupitre en bois,- avec encrier- j'ai senti qu'il se passait quelque chose d'inhabituel... L'atmosphère était lourde de menace. Nous avions droit à un interrogatoire en règle...
Une grave faute avait été commise. Le dictionnaire de l'élève assise devant moi ainsi que sa table avaient été maculés d’encre….Appel à se dénoncer….Morale… Rien. Et j’étais bien la dernière à réagir.
Mais ,soudain ,la foudre s’abattit sur moi ou quelque chose qui y ressemblait. La maîtresse avait fait une tournée d’inspection dans les casiers et avait trouvé dans le mien La pièce à conviction qui était la signature de LA coupable : un mouchoir taché….J’étais donc LA coupable…
Moi qui aimais tant les livres , jamais je n’aurais fait une chose pareille….J’eus beau dire que je n’y étais pour rien, moi la timide, l’effacée…rien à faire !J’étais livrée à la réprobation de mes camarades, montrée du doigt.
Je tins bon jusqu’à la récréation…et là dans un coin de la cour , je m’écroulais en larmes, ne comprenant pas cette injustice.
Mais en rentrant , une âme compatissante alla rapporter à la maîtresse que la coupable était la fille assise derrière moi qui avait, c’était notoire , plus d’un tout méchant dans son sac….Bien sûr…je n’eus pas droit aux excuses de la maîtresse….Juste un « c’est bon…je sais qui a fait ça ».
Moi qui étais sensible , je restais marquée par cet épisode…
Mais je reconnais avec du recul que la dureté habituelle de cette maîtresse à mon égard a contribué à me forger le caractère.
J’ai été très malade cette année –là, pendant des mois…Jamais elle n’a eu un mot gentil. Et j’étais pourtant souvent la première de la classe.