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Ladrat's posts with tag: poesie
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Le bateau abandonné
Il parle aux arbres ,Il parle au ciel Il soliloque et ventriloque pastel Pour échapper au temps Qui le grignote, qui lui porte l’estoc Là sous la mousse et les années. Dis-moi bateau as-tu toujours été Aussi solitaire dans ton destin croisé Avec les hommes qui t’ont abandonné ? N’as-tu pas glissé d’eau vive en reflet Et ton bois vivant fait crisser ? N’as-tu pas tremblé sous l’orage Et fait front à la subite ondée ? Tu vas de port en port fantôme Et par les nuits sombres sans lune Tu voyages simplement en pensée Là où le vent pourrait pourtant t’emmener. Au cimetière un jour tu pourrais t’engoncer Laissant la lumière tes traces effacer. Barque moussue, barque pansue D’abandon repue, tu sculptes la mémoire Et sur l’ourlet de ta verdure sangsue Tu poses l’empreinte d’une seconde vie illusoire Comme celle que l’on trouve au fond des grimoires. Aliénor ................................................................................... Une dernière fois…. Frotter ma joue au rugueux de la pierre, Grincer des haubans comme on grince des dents, Respirer à pleines voiles les odeurs de la terre, Moi qui étais si fier de ne pas là voir souvent… Incliner mon front que la vague embrasse, Ruisseler de larmes en accusant l’embrun, Des terres lointaines, les images s’amassent, Il était des plages blondes, des horizons bruns… Ah ! courir encore les champs de vagues turquoises, Me souvenir du temps où jeune destrier, Je caressais l’écume de la mer d’Iroise, En rêvant secrètement des lointains cocotiers….. J’incline aujourd’hui mon pont de planches délavées… Lié à un quai comme un chien abandonné… Pourtant…dites moi…Je vous ai fait rêver… Ma vie de bateau je vous l’ai donnée. Daniel 52 ……………………………………………………………………………….. Le Bateau ivre d'abandon S'est couché sur le flanc Et son habit de bois est tombé en pâmoison. Peu à peu son squelette S'est décharné comme un poisson Il n'est resté que ses arêtes Le long de sa non flottaison.. Ses lignes d'enfer écartelées sous le courant passant, Le Bateau ivre d'abandon Ne savait s'il devait se fondre au rivage Ou s'arrimer aux gouttes de trépas. Il a fini par s'écouler en lambeaux S'effaçant pour ne laisser Que la verte peau de l'eau. Aliénor
Evasion L’encre de tes mots Coule dans tes veines Et lorsque tu saignes Un poème jaillit En bleu d’outremer Ou pluie anthracite Les lettres se forment Jetées à l’eau vive Au creux de la vague Une île se dessine Accalmie légère Sur un monde lourd Petite évasion Fuit déjà au loin La mer bombe le torse Le ciel lui fait front… Rom ………………………………………………………………………. Jeter l’encre des maux Ou dessiner les mots au pinceau Et suivre des yeux leurs ruisseaux Qui vont à tâtons, qui vont à la mer. La barque est légère, les herbes se penchent Pour ne pas rider l’onde, Pour rêver l’instinct. Et parfois, lorsque l’évasion Fait à nos jours le ciel clair C’est tout au fond de tes yeux Que je trouve les pépites Sur lesquelles m’appuyer Pour passer à gué. Et lorsque de mot en mot J’arrive à la plage Je regarde encore Les destins croisés De tous les chemins de sable. Alors ça sent bon le vent Et les lèvres ouvertes. L’œil de la marée A rejoint l’horizon De toutes les lettres Jetées à la mer Dans de si belles bouteilles. Et je flotte, je flotte Comme une peine légère S’efface sous la caresse De nos demains. Aliénor
J'ai enfin osé dire à mots couverts certains mots à ma mère. Et je crois que ce jour-là, elle a découvert que je pouvais écrire. Même si je l'ai fait maladroitement, avec beaucoup de retenue car il faut parfois savoir lire entre les lignes la pudeur, les non dits, l'attachement aussi. Ce matin, je viens de retrouver ce texte. Je pense qu'il a toute sa place ici, en cette veille de la fête des mères. Elle est toujours la fée des fleurs, même si ses jambes la portent moins. Et demain je lui offrirai des graines de lin et de phacélie parce qu'elle aime le bleu comme moi, du basilic et son parfum et un kalanchoé et une parcelle de mon coeur, comme quand j'était enfant. Je pense à tous ceux qui ont encore leur maman, à ceux qui l'ont perdue, notamment ces deux petits de 2 et 4 ans et à ceux qui ne l'ont jamais rencontrée parce qu'elle s'est refusée à eux et surtout à ce petit être adorable qui vient, il y a quelques mois de trouver une maman. Et je souhaite à tous de trouver dans la vie une maman de coeur, qu'elle soit grand-maman, ou amie de coeur ou maman de coeur. Bien à vous.
A la fée des fleurs… La dame aux doigts verts Si verts ! Pour ton bonheur, Les fleurs , sans hésitation Pousseraient même Les racines à l’envers ! La nature est un livre ouvert : Des nuages tu connais les secrets Dans le sable tu lis les empreintes Des animaux, des hommes. Tu vois tout ! tu entends tout ! Et le reste tu le devines. Tu as souvent la douceur Des fleurs d’artichaut Mais le cœur tendre Tu ne liras jamais ces mots. Ils ne franchiront pas ma gorge Prisonniers des non dits. Tu gardes la vivacité malgré les années passées. Aujourd’hui ….tu as 80 ans Et tu es… Ma maman ! Aliénor le 4 mars 2005. ce jour-là un grand pas fut franchi. Peut-être parce qu'il ne faut pas qu'il soit trop tard. Je venais de le comprendre alors que mon père allait décéder deux mois après.Depuis, elle a encadré ce poème....
Bonne fête à toutes les mamans..
 | Marvine | May 10, '08 4:08 PM for everyone |
Marvine , allons voir Si les roses et les coquelicots Ont dessiné leurs pétales de soie Et peaufiné à l’aube leur éclat. Dans le jardin nonCHATlamment Tu sembles déambuler d’un air absent Et s’il s’envole vers sa quête Le merle te guette ,toi et l’impatience Qui ondule sur les poils de ton dos. Les roses et leurs froufrous de lumière S’offrent au regard de mai soudain émerveillé Lorsque le jour promène au gré de ses envies Le faisceau de ses heures sur leur discrète robe pâle Et puis soudain fait chanter leurs couleurs les plus affirmées. Quant aux fidèles mais rebelles coquelicots, Chaque année en ramène des nouveaux, Bien loin de l’endroit où on les attendait. Rouges, ardents, fragiles et bien cachés Ou plus foncés et lascivement épanouis Sur leurs frêles tiges haut dressés, Ils clignent du cœur et chuchotent au vent, Ploient et chavirent sous les fébriles bourdons. Adieu pétales! un coup de vent Et des larmes de sang s’effacent Laissant leur cœur à nu ; mais rien n’est perdu… Demain dès l’aube, nous irons au jardin… Aliénor Le bourdon s’envole vers ailleurs Continuer sa tâche, sa mission Pour que les jardins continuent De pouvoir pousser à foison Mais des oreilles pointent déjà Cachées derrière les buissons Marvine et ses yeux grands et verts Traversent l’air sans un bruit En un bourdonnement apeuré L’insecte tente de s’enfuir Mais griffes et crocs acérés Ont eu raison de ses efforts Le vent roule le petit corps Dont le pollen en boule d’or S’envole en étoile de jour Illuminant tout ce décor La nature reprend sa pause Plus rien ne bouge dans la brise La chaleur dorlote le chat Qui se fait dorer au soleil D’un après midi au jardin…. Rom Et fière de son ombre, repue ,bercée par l'accent trilleur des proies en duvet, le bec grand ouvert mais dans leurs nids perchés, la chatte sourit dans ses rêves. Des bulles de plumes se forment en creux de ses yeux mi clos des frissons caressent son ventre tiède. En avant, en arrière, Griffes dehors, griffes rentrées la minette s'abandonne après toilette de ses oreilles si précieuses. On dirait un faune abandonné auprès d'un zoo si familier cherchant la caresse du vent et du passant. Moi fauve aux élans cruels, Penserez-vous! Je suis si douce dans l'herbe je me prélasse : l'air innocent je me tourne et me retourne ma mémoire a déjà oublié la vie que j'ai chahutée. Aliénor Mais que se passe-t-il Quelque chose m’envole Couché toujours je suis Mais à douze pieds du sol ! Je cesse mes ronrons Laissant place à l’effroi Ma joie file d’ans l’air C’est moi qui suis la proie Mais comment se peut-il Qu’une envergure pareille Délimite les traits De cet insecte ailé Ses mandibules vertes Viennent clamer la vengeance Je n’aurais dû peut être Pourfendre ce bourdon Combien de vie déjà Ai-je donc utilisées Je décompte de neuf Sans en avoir le temps Je sens soudain sur moi Une pression sur mes côtes J’ouvre mes grands yeux verts… - " allez Marvine, on rentre ! " Rom Et me voilà à moitié estourbie sur les carreaux le nez rasé par la porte durement claquée. Mes moustaches frémissent; Oreilles tout en arrière, un air de fouine et voilà la voix qui sermonne: "Les bourdons; c'est doux ronron Les lézards,ça frétille,c'est bizarre Mais laisse-les se faufiler. Les oisillons, c'est tendre et tout bon Mais dans ta gamelle y' a du ronron. Si tu continues, tu seras chat puni Chat cagibi Et plus de frisKie! C'est compris!" Alors sans plus attendre la prochaine déverse je file sous le lit là au moins sans bruit je souris! Sont drôles ces humains! nous préfèreraient immobiles comme un sphinx! Aliénor
PRESENCE
Au bras des vieilles branches moussues, Les pâles boutons à peine colorés Ont esquissé un pas de danse, Une envolée vers le ciel immense. Puis les fleurs, délicatement, Se sont éveillées, étirées, défroissées, Pour nous offrir la sensuelle turbulence De leurs tendres pétales en émoi , atout vent. Branches, feuilles tantôt ombrées, tantôt lumière Et fleurs en timides accords, Sont venues saluer sur la partition du temps, L’éclat naissant du printemps. Aliénor
Prunelier, tu habilles tes noires épines de reflets dégoulinants de pluie, et de larmes de belles endimanchées. De ton coeur à lanternes rouges Tu rends nos doigts aventureux Et tu dessines alors sur eux des pétales couleur coquelicot. Mais il est vrai que nos yeux Seuls, peuvent s'enhardir et déshabiller tes transparences pour préserver tes désirs de prunelles. Il nous faut bien, de guerre lasse, Aux oiseaux abandonner la liqueur Qui sur leur bec fera perle et ne garder trace que du parfum Signe d'un printemps naissant, Dès février, au bord de l'estuaire. Toutes fleurs avant gardiennes Des saisons habillées de soie verte, Je vous aime, voguant de prunus à prunelier. Je vous tendresse et par-dessus vent, vous lance de fragiles baisers à la simple nouvelle de votre grâce. Aliénor
 bison de la grotte de Niaux
La grotte perdue à l'abri de la vie à l'abri du ciel elle a enfermé la flamme dans le sanctuaire autour du foyer. Des langues, lueurs de vérité caressent de leurs doigts les parois gouttelées, dentelées de mains dressées. La grotte Cocon d'humanité recroquevillée abritée cotonnée vrillée au passé. la grotte retrouvée Vêtue de nudité originelle, je remonte à la source D’une naissance qui se voudrait pure innocence . Soudain, j’étreins le vide, j’appréhende le froid, Je suis le regard et la flamme Celle qui vacille ,s’essouffle ,lutte d’instinct Et imprime sur le livre , véritable grimoire Les doigts de la main et l’animalité en cernes , Seuls témoins d’un temps voué à la pierre. J’habite au royaume des ombres mouvantes Dans le cœur du foyer qu’épouse la ligne du sol L’esprit ainsi vagabonde ,se pose en creux Et se nourrit sur la portée des rêves intérieurs, Au son des perles d’eau précieuses Glissant une à une des voûtes transcrivant le monde. Où êtes-vous compagnons de dure existence ? Pures intelligences de nature tendues vers la survie Dans le feu des entrailles souvent vous entriez en transe Et vous apprivoisiez jadis les ténèbres et la terre. Maintenant, seules les parois gardent La trace fragile de vos chants de vie et de mort. Je vous connais, je vous silence, je vous habite. Six pieds sous la lumière vibrent encore vos élans. La glaise fait empreinte et nous fascine, Mais la grotte , sans cesse, se replie sur elle-même …Et garde à jamais ses mystères. Aliénor
Une rencontre; des textes, une voix, musique et la magie opére. écoutez le timbre, savourez la diction au fil de l'eau.
http://pelf.vox.com/ | l enfant du bord de la rivière texte d alienor | | | | | |
La belle endormie lovée en arc de terrea laissé son coeur glisserdans une marée de soieet de pure harmonie.Qu'importe l'hiverEt ses morsuresLes voiles entre corps et âmeet les mains aux reflets d'orattisent encore les rondeurs.La belle endormielaisse sur la page Le sillage d'une lettre de chairqui s'efface peu à peudans le brouillardDe ses paupières d'ange. Aliénor http://expo.artactif.com/brun/ Merci Apolline de m'avoir fait découvrir cette belle endormie. ......................................................................................................
Sculpture de mots Une feuille parfaite Tel un tapis de neige La plume d’une aile d’ange L’encre bleue d’un navire Qui sillonne mon cœur Et qui porte ton nom Les mots les plus subtils Que mes pensées chuchotent Quand elles rêvent de toi Je te sculpte un poème Rom
 | ecume | Feb 3, '08 3:26 PM for everyone |
"j'avais le temps dans mon cartable comme une poire pour la faim , parfois , les cerises jouaient à la marelle avec mes pieds en fleurs mes regards d'oiseaux trillaient la petite aux yeux de vagues blondes l'écolière la buissonnière m'ignorait , mais , j'aimais ses joues en mie de pain j'avais ses mains pour rivage ignoré à chacun son papillon ignorant
le froid me tissait des gants noirs parfois avec un gout de giffle une gare enfumée avec ses corbeaux pour sifflet de fin du jour le ciel laiteux une Edith Paf dans l'oreille et piaf des ruelles j'explorais les poubelles comme si dedans il y avait des poupées en sucre d'orge et de vain , d'un os de poulet je dressais un mat de navire corsaire à mes sens malmenés caniveau , d'un port où je m'embarquerai pour toujours oublié des gifles de l'enfance de leurs griffes ..................... / à suivre , ? ecume le 03/02/2008 ............................................................................................... et me voilà à lire et relire les parfums de cerise où je me prends les pieds les couleurs du jus étalé sur mes doigts que je lèche goulument avant qu'il ne descende aux poignets. Les cerises, il faut aller les chercher Dans le soleil et sur les branches mouvantes quand le vent aboie et retrousse leurs jupons. Il faut les presser contre son coeur et leur ôter les mots de tendre douceur. Parfois ne reste que le noyau, l'amère brisure sur les dents Mais parfois viennent des refrains des flûtes de cerises ou d'âpres merises Des prunelles sombres à dénicher les plumes à ébrouer les becs sur le bord de la chair quand incertain, le jour s'achève sur de faux airs de faux vols et de sifflets on ne trompe que le miroir pas les rides de l'avant.
Je n'écris pas , je laisse aller le flot la plume trempée au jus de cerise ou de bigarreau Essuyez la buée ou la rosée La vesprée s'avance à dos de lèvres gourmandes..... Aliénor le même jour, quelques minutes après....
L'hiver a pris dans ses filets de chasseur Le ciel de mûre et d'orange sanguine: Un écrasé de velours et de tant d'ardeurs Glissé aux bras des cormiers et des grappes d'oiseleurs. Une cavalcade de nuages danse la biguine s'étend sur le jeté des branches, lorsque la forêt soulève ses clameurs. Des bras de ruisseau en chemise transparente S'arrêtent, pour écouter le coeur palpitant de l'onde, Et soudain, une nuée d'oiseaux, si haut, si haut, Qu'on dirait des somnambules, Des virgules accrochées aux éclaboussures, Comme des soubresauts de la nuit rebelle, Aux premières heures du jour , à l'hiver, jetées en pâture.
Aliénor ...................................................... Les branches immobiles Les arbres cessent de danser Une sombre avancée Se dirige d’un pas sûr Vers ce bois de silence Qui a figé le temps Une envolée magique D’une innocence pure S’élève vers l’inconscience Et le soleil se cache Derrière un ciel qui pleut De n’avoir rien pu faire… Rom ......................................................................... Silence si...si... Si le temps s'arrêtait sur le bois Sur le danger Si le temps prenait dans son filet Les silhouettes figées Dans leur beauté dépouillée. SI... Si le temps en sombre danse prenait sous son aile les rêves d'innocence le silence dessiné le voile de soleil pudiquement posé sur le ciel immobilisé. Aliénor ................................................................... Mais… Mais les gouttes de pluie Dessinent des reflets Sur l’innocence inerte Allongée sur le sol D’où s’échappe la conscience En rouge ruisselant Et… Et la forêt reprend Sa danse, feuilles contre vents Le soleil sèche les pluies D’un ciel, bleu à l’âme Une vie de silence Pour une minute de gloire… Rom ...................................................... Le silence invente son chant Et fait briller le violon de la pierre Au coeur de l'immobilité. Mais le gel et le rire Ont eu raison de l'inerte et les sons profonds ont réveillé La partition des mots et les papillons. Les lettres de chair et de particules Glissent dans les canons de l'absence où les pensées roulent catapultées. Et sur la trame de l'arc-en-l'âme Où les notes lissent leur grain et leurs trilles Les paupières des anges et forêts Voilent la face De leurs corps de silence. Aliénor
Comme dans les dessins de Folon Ceux qu'on aimait quittent la Terre Le corps lourd et l'âme légère Un peu plus graves à l'horizon Dans leur pardessus de béton Ceux qu'on aimait nagent en silence Dans le temps sage de l'absence Comme dans les dessins de Folon On pourrait presque les toucher De l'autre côté du papier Fantômes gris des jours de peine En long cortège de semaines
A rêver loin dans leur lumière On pourrait presque enfin se taire Comme dans les dessins de Folon Il y a du rose et du vert pâle Et des souvenirs bleu d'opale Dans un champ vide de coton Comme des bulles de savon Prisonniers de la transparence Ceux qu'on aimait doucement dansent Comme dans les dessins de Folon On pourrait presque s'envoler Dans la lenteur de leur passé Frôler d'un long battement d'ailes L'exil sans fin qui les appelle A rêver loin dans leur mystère On pourrait presque enfin se perdre Comme dans les dessins de Folon Ceux qu'on aimait nagent à l'envers Oiseaux de l'eau, poissons de l'air Perdent le fil de nos saisons Dans la brume de leur prison Ceux qu'on aimait toujours s'effacent Derrière les voiles de l'espace Comme dans les dessins de Folon Un jour on voudra leur parler De l'autre côté du papier On rêvera d'aubes plus pâles D'éternité couleur d'opale Un jour on se laissera faire On glissera dans leur lumière Comme dans les dessins de Folon...
Philippe Delerme Interprété par Yves Duteil
Dans les replis des jours Nous n'avons que des silences de coton, des airs de ville perdue dans un mouchoir noué aux quatre coins de l'hiver...Une gaze grise et perlante qui silhouette tous les passants du matin jusqu'au soir et puis parfois des printemps minimalistes qui résistent et cièlent notre vue de bleu. On s'ensoleille, on s'étire, on se bouge, on se dépoussière les idées et la peau et on retombe en léthargie aux premières heures sombres des rideaux de soir. Parfois le givre fractale de blanc les arbres et les buissons, la campagne et l'horizon.La nature se pare de lignes, de dents transparentes, d'ondes craquelantes et de miroirs du temps...
En route vers le printemps, à dos d'hiver et de soubresauts, la nature s'aiguise, se pare, s'esquive et l'homme dessine ses souvenirs en essayant de suivre le rythme de ces transformations. Tout , heureusement lui échappe; ses mains de plomb ne peuvent laisser l'empreinte indélébile de son humaine déraison. La nature chante dans le torrent, elle craque sous le poids de la terre; elle respire dans le souffle du renouveau. L'hiver n'est pas silence...Il n'est que contredanse et vent d'espoir.
La petite fille au bord de la mer De chaque nuit il faut apprendre Les clés de l’alphabet des lumières Les consonnes du ciel, les voyelles des vents Et les lueurs qu’apportent les petites bougies De la terre. Au chevet de toutes les lampes Viennent s’asseoir nos rêves Mangeurs de sombres lames d’ombre : Ils dansent alors à l’ambre de nos flammes Car nos ciels ne sont jamais d’éteignoirs, Ils se parsèment d’infimes poussières d’étoiles Allumées en douceur au plafond de nos peurs. En s’avançant peu à peu vers le soir La petite fille de l’ombre posera sur son chemin L’échelle de la saison des vents Qui balaie sans remords les nuages vagabonds Et leur pesanteur. Elle gravira quatre à quatre les marches de son alphabet Dans sa main , chaque jour une allumette. Pour réchauffer son cœur, Tant de lueurs à imaginer Pour peu qu’elle ferme les yeux En elle , elle trouvera les reflets de son bonheur. Maïté
2008 Viendra allumer ses jours Ses peines et ses joies Et Comme le ciel Habille de couleurs d'espoirs Les premières heures D'un jour nouveau Nous serons là Devant les promesses De cet an naissant. Nous lui ouvrirons les bras Nous l'accueillerons comme il se doit En remerciant la vie Et sa palette de couleurs Ses pastels et ses fulgurances Ses tons de gris, ses pointes de noir Ses champs de tournesols Ses ciels changeants Ses montagnes de givre Ses accents d'harmonie Ses notes subtiles Ses moulins de fortune Perchés sur les collines Les océans de brume Les clapotis dans les roseaux ET Les sables aux empreintes mouvantes De l'éphémère passage de l'An.
Maïté
à la pêche à la ligne Lignes de glaise et de basse terre Dansent au bourdon de l'horizon Et vrombissent de rond en rond aux oreilles Les concertos des fières abeilles : L’été lave ses paysages en pleine couleur. Lignes brisées de rochers et de pierres Bulles venues de temps immémoriaux Les pics bleutés au pinceau du temps à l'aplomb du ciel et de ses nuages Frissonnent sous le gong du tonnerre. Lignes fatales de Haute mer Basculent à l'orgue de nos lèvres En traîtres arcs-boutés du monde Aspirés par claques vagues qui grondent : L'infini chant de Gaïa, de seconde en seconde. Lignes miroirs de la nuit et du rêve Dessinées et portées par des clés de sol Dans l'échappée de notes si clarinette Souffle le vent sa mélodie d'orchestre : Fantômes jouez de vos chaînes d'harmonie. Lignes de blancs et de silence En pointillé dans le coeur des consciences Font se lever les sons en habit de lumière La porte qu'on croyait fermée par l’absence Ce soir s'entrouvre en chant d'espérance. Maïté
Il a lu "l'enfant au bord de l'eau"....et ses mots ont coulé, comme d'habitude!
Le bateau chiffonné... Moi, je plierai avec application le papier aux lignes bleues, En tirant la langue, en refaisant parfois les mauvais plis. Et puis, je laisserai mon cœur raconter son histoire… Elle me fera capitaine d’une bande de pirates, de forbans, Ces écumeurs de caniveaux qui n’ont pas froid aux yeux. Je pillerai joyeusement chaque bateau de bonbons, Ferai nombreuses ripailles arrosées d’orgeat. Et puis épuisé de ces voyages au bout des rêves, Je m’endormirai le pouce dans la bouche, En serrant très fort ma valise de l’autre main… Dis maman…mon nounours ne part pas la nuit ? De sa grande valise où j'ai fait son lit ? Daniel
La valise ouverte, négligemment posée, Regorgeant de jouets pour un temps désuets, abandonne au courant, les pensées de l'enfant, sur la berge et les mirages de l'onde vagabonde. De ricochet en ricochet ,les cailloux du Petit Poucet bondissent sur la peau de l'eau et de son coeur Et taquinent les reflets des herbes et du serpolet. Où vas-tu mon enfant , Les mains en avant Dans ces remous animés de cercles et de gouttes Qui zèbrent d’impatience ton rire en cascade et tes petites bottes d‘ogre si fringant, à croquer la vie qui s’échappe au fil du courant? L’eau si pure, si transparente te fascine Lorsqu’elle caresse les algues mouvantes Et cache dans ses replis, les petites preuves de vie Qui frétillent au printemps si ardemment. Mais toi- toi- tu aimes l’eau et les flaques, Les rives et les vaguelettes de terre ou de mer. Au kaléidoscope du soleil et de tes rêves, Quand tu seras grand, tu reverras le petit homme, Celui qui posait sa valise dans l’herbe ou sur le pont, Sans souci de l’heure ou des grands qui grondent. Tu trouveras gravé dans ta mémoire Celui qui courait à la rivière, celui qui courait vers l’eau.
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