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alienor wrote on Mar 3, '07, edited on Jun 23, '07
L'AUTOMNE FLAMBOYANT
L'automne habille les façades de vigne vierge , si rouge, si gaie.
Le sang des feuilles, les nervures du temps coulent,
doucement chahutées, au vent des coteaux exposés.
Sur la terrasse , glisse l'ombre d'un grand homme.
à nos pieds ses pensées profondes.
Philosophe du temps passé
Les murs respirent sa présence.
Et les vignes s'étalent, indolentes, au pied de la Garonne.
En doux rayons convergents
en parcelles d'ambre,
les grappes oubliées se sont résignées..
Le vin travaille, mijote au fond des chais,
Tandis que dans l'armoire abandonnée, des chapeaux
Négligemment posés, des cannes
Pour guider ses pas au son des peupliers
n'habillent plus que des fantômes.
Au loin un moulin à vent,
Le calvaire giflé par les éléments.
Des ondes d'émotion guident nos pas à la margelle du puits.
Le regard s'évade , emprunte l'allée verte à jamais,
effleure les bancs savamment disposés,
et se perd en méditation dans des fumées perdues au-delà des vignes.
L'automne chante la mélopée
des beaux jours oubliés
reste la magie du nom : Malagar!
Et François Mauriac.
Maïté
betoq wrote on Jun 23, '07, edited on Jun 23, '07
Les saisons étaient importantes pour F. Mauriac. Il en parlait en poète bien sûr mais aussi comme un paysan. Curieusement, il ne les aimait ´qu´avant`. Il partait bien avant Pâques pour Malagar "pour voir arriver le printempts` qui venait quelquefois ´pendant la nuit comme un voleur". Il adorait l´été parce que, très vite, en juillet, après les pluies d´orage, il y décelait l´automne: "cette étrange douceur d´automne dont se pénètre l´été...", écrivait-il si merveilleusement, en 1912, à Robert Vallery-Radot. Et la nudité de l´hiver avait déjà pour lui "la couleur du printemps".
Les saisons rythmaient sa vie. Il vivait chaque année quatre vies qui étaient les 4 saisons. Même son hiver parisien, il l´aimait quand il surprenait "une odeur de pierre, d´asphalte, d´argile, l´odeur secrète de la saison sans feuilles, le parfum hivernal". A Jean Blanzat, il avait dit combien il aimait ´cette odeur de la terre nue, cette odeur de l´hiver qu´[il] préfèr[ait] à celle de l´été`. Quelle saison aimait-il le mieux? Peut-être le printemps qu´il retrouvait chaque année à Malagar, aux vacances de Pâques, ´témoin émerveillé d´un miracle recommencé`. Laurance Granger a noté combien F. Mauriac percevait ´ce tressaillement végétal et animal`, était sensible à ´cet inimaginable bonheur que le printemps reflète`. Elle s´est interrogée: "Extase panthéiste d´un adorateur de la terre?"
- Oui, Cybèle est bien là... De sa vois blessée, mon père murmurait souvent ces vers de Baudelaire, aimés entre tous:
"Ô fins d´automne, hivers, printemps
trempés de boue,
Endormeuses saisons..."

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Fonte: Malagar, Jean Mauriac avec Eric des Garets, Sables, 1998, pág. 81/82.
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Maïté

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