Les saisons étaient importantes pour F. Mauriac. Il en parlait en poète bien sûr mais aussi comme un paysan. Curieusement, il ne les aimait ´qu´avant`. Il partait bien avant Pâques pour Malagar "pour voir arriver le printempts` qui venait quelquefois ´pendant la nuit comme un voleur". Il adorait l´été parce que, très vite, en juillet, après les pluies d´orage, il y décelait l´automne: "cette étrange douceur d´automne dont se pénètre l´été...", écrivait-il si merveilleusement, en 1912, à Robert Vallery-Radot. Et la nudité de l´hiver avait déjà pour lui "la couleur du printemps".
Les saisons rythmaient sa vie. Il vivait chaque année quatre vies qui étaient les 4 saisons. Même son hiver parisien, il l´aimait quand il surprenait "une odeur de pierre, d´asphalte, d´argile, l´odeur secrète de la saison sans feuilles, le parfum hivernal". A Jean Blanzat, il avait dit combien il aimait ´cette odeur de la terre nue, cette odeur de l´hiver qu´[il] préfèr[ait] à celle de l´été`. Quelle saison aimait-il le mieux? Peut-être le printemps qu´il retrouvait chaque année à Malagar, aux vacances de Pâques, ´témoin émerveillé d´un miracle recommencé`. Laurance Granger a noté combien F. Mauriac percevait ´ce tressaillement végétal et animal`, était sensible à ´cet inimaginable bonheur que le printemps reflète`. Elle s´est interrogée: "Extase panthéiste d´un adorateur de la terre?"
- Oui, Cybèle est bien là... De sa vois blessée, mon père murmurait souvent ces vers de Baudelaire, aimés entre tous:
"Ô fins d´automne, hivers, printemps
trempés de boue,
Endormeuses saisons..."
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Fonte: Malagar, Jean Mauriac avec Eric des Garets, Sables, 1998, pág. 81/82.