
Dans les bras des Sorgues, j’irai hanter le murmure des rives ;
Je serai le courant indompté, je serai l’onde fraîche
Mêlée aux couleurs d’émeraude, aux couleurs des sous-bois
A l’ombre des saules et du rideau d’ herbes bruissantes,
J’épouserai le chant des roseaux et le frémissement des bambous
Je remonterai à la source, à la fontaine millénaire
Qui de résurgence en impatience fait grincer le moulin
Serpente clair et semble soudain gifler les galets
Les verts, les ambres et les bleus du ciel coulant sous les ponts.
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J’irai aux épousailles des matins frais
Goûter à la messe des cigales et de l’herbe de paille
Soulever un coin de midi de Provence
Où les ocres, les roux et les oliviers entrent en transes
Partout des vibrations à l’unisson de la terre…
Mais bientôt les volets s’accrochent, les maisons s’isolent
Seuls les fous solaires, les Van Gogh récusent l’ombre
Et partent cueillir de la lumière le cœur et l’âme.
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Et quand le soir s’invitera sous les arceaux des platanes
Ou sous la voûte étoilée de nos nuits non loin des cyprès
De la nature enfin libérée et du fond du silence montera le chant
Des grenouilles et des bois poussant leurs aubiers
Si haut, si loin dans les branches et jusqu’à nos pieds.
Alors résonneront encore en nous les tourbillons des champs de blé
Et les vols de corbeaux qui un jour, sentirent la mort rôder.
En un éclair d’inconscience le souvenir de l’homme à l’oreille coupée
Croisera dans mes pensées les odeurs de foin courbé,
Juste le temps de retrouver le fil de mes pensées sauvages,
Mes promesses ardentes sur les chemins de Provence.
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Aliénor