A mon fils
Lorsque le soir te prend par la main
Lorsque soudain tinte la sonnette
Et l’oubli des heures monotones du jour
La Maison tendrement s’encoquille
Et peu à peu s’éveille aux mille bruits,
Des rires, des pas pressés et de l’amitié.
Je voudrais pour toi, dans mes souvenirs de mère
Des soirées colorées de vertiges
Où la fontaine chanterait le refrain de la vie
Où les notes s’envoleraient si haut sur la portée
Qu’elles rejoindraient les ciels étoilés.
Je voudrais des sabres dorés au poignet
Pourfendant en sons clairs
Les sombres plages du passé d’amertume,
Des rêves vrombissants et des sillages
Dans les pins et dans les dunes,
Des sentes fraîches et des traces de pas
Au bord du ruisseau où dansent les Libellules.
Si tu te souviens du goût des mûres
Sur tes pages d’été et d’enfance
Mêle-le dans l’armoire aux souvenirs
Au désir subtil d’inventer des possibles
Aux promesses d’ horizons sereins , aux valises de certitude
Pour voyager tranquille, main dans la main du futur.
Maïté