
Souhaits soufflés, blowind in the wind Sourires sous les lampions de la fête. Pas de regrets pour l'année passée. Remember my friend là-haut, tout là haut vers les étoiles le bateau échoué au bord du rêve et les paupières ourlées de givre. This is my way, mon sentier mais dans la main, jour après jour visages ambrés, introspection à la lueur des bougies qui vacillent comme les heures à venir sur la crête d'écume. La main dessine des volutes fumées d'or déposées sur la nudité Demain, dis-moi la chanson de l'espoir qui s'enroule Comme une mèche de cheveux. On n'a plus dix-sept ans sur les lèvres mais des mots, des mots mêlés emmêlés qui tintent comme cailloux Dans le lit des rivières prospères. Comment ça va sur la terre en désaccords et raccords de pianos cahotants leurs notes? Mais le dernier soir , l'espoir d'un printemps des sables aurifères des paillettes au fond des yeux. Et l'année nouvelle, les voeux
Si tu veux, l'année: on est partants.
     LE PELERIN: LE REPOS, sculpture de DANIELLE BIGATA
http://www.bigata.com/
"Il a marché longtemps, ses veines gonflées en témoignent. Sur le chemin de retour, il fait halte au "Prieuré de Cayac", où il sait que depuis le XIII ème siècle les pèlerins sont accueillis... Il nous offre la sérénité intérieure qu'il a acquise. Après avoir vécu toutes les expériences de son long périple.
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Le pèlerin Vêtu de sa cape alourdie par les notes fantasques du vent, Portant la richesse de toutes les bribes de ses silences, Il a parcouru tous les horizons au rythme de ses rêves les plus fous. Les fougères ont enlacé ses chevilles malmenées Et les ruisseaux, rafraîchi ses veines et ses paumes écorchées. Aveuglé par les tourbillons et les grains de poussière Il a parfois dû momentanément renoncer. Nourri du chant des oiseaux et du halo pur des aurores , Ses lèvres se sont scellées aux heures écrasantes du jour à son apogée. Il a péniblement avancé , voûté sur son solide bourdon. Sa main lourde s’ appuyait sur le pommeau luisant Sur ce bois cueilli ,comme il se doit, à la pleine lune En morte sève et mis à sommeiller jusqu’à l’heure De s’élancer dans les paysages aux brumes fantomatiques. Il a dormi à la belle étoile, celle du berger à la houppelande, S’est tenu pieusement et comme une ombre en haut de la dune, Ne laissant à chaque départ qu’une empreinte chaude au creux du sable. Parfois la forêt et les sentiers ont retenti de ses pleurs : Cent fois il faillit abandonner ! Son langage s’est forgé immobile et bossué en se frottant à ses peurs, A ses ardeurs toujours renouvelées et à la grandeur de ses doutes. Sa peau s’est patinée à l’amble de son bourdon : Il est devenu chêne, nervuré , à l’écorce pétrie de fatigue. Ses pas portaient tant de plaies ,tant de crevasses , malgré cela Il réussit à magnifier la souffrance jusqu’à s’illuminer.
Tendu comme un arc vers l’ultime but des jacquets, Il a tant cherché la réconciliation avec cet autre lui-même, Qu’un jour béni , aux pieds de Saint Jacques il s’est jeté. Le voilà de retour, le temps d’une halte, à l’ombre du prieuré . Au bord de l’Eau Bourde, sous les arbres, avec sa fidèle coquille. Le voyageur sans bagages songe à tout ce qui en lui a changé.
Maïté L
Marithé W
http://ceriseg1.multiply.com/photos/album/110/_Au_pays_du_soleil_levant_...
Derrière les montagnes, les mille montagnes de l’aube Les étoiles ont plongé comme des naïades avec de l’or plein la robe Et le soleil, mille rayons de soleil couronnent les promesses De ce monde si loin des hommes, sur le chemin de l’ivresse. Montagnes en fleurs Bonbons et berlingots De l’ambre au bonheur Parfum menthe à l’eau . Gingembre et lavande D’anis en éclats de rire Feux-follets dans la lande Tout concourt à nous éblouir. Sur les montagnes, les mille montagnes du matin Nos pas et nos rêves gambadent en souliers de satin. Nos pensées se font légères dans la clarté nacrée Où le regard cherche la fleur ou le fruit de cet instant sucré.
Maïté L

REFLETS D'HIVER
Dans le gris du ciel jusqu’à la pointe du soir Je note sur l’ombre portée à bras le corps Les reflets mêlés, tête à tête, Comme des paroles enrouées de chien errant. Et puis, la paresse sur la langue Et les mots,
les phrases réverbères Creusés dans le lit froid de l’hiver. L’humidité stagne sur la lame du ciel Et sous les pas s’entend l’écho des draps froissés . Les points de rupture, en aiguilles et suture, Les derniers grains de sel fondent en éclats d’absence. Gris, gris, tout est gris. Les arbres ont déposé les armes Dans la courbe stérile du néant. Tout s’en va ; rien ne s’étale en palabre ; Les accents vrillent sang sur la frange Aux berges du promeneur esseulé. Nerfs,
nervures,
pensées déracinées L’onde est muette en bulbes et frissons. Les feuilles .
Passe une flottille linéaire, Les feuilles et rien d’autre Je, tu sur l’autre rive L’impossible,
l’homme
et les faits
divers.
http://ceriseg1.multiply.com/photos/album/108/_Aux_environs_de_Collioure_...
L’été à Collioure Tout bruit Terres, eaux, monts et ciels. La porte s’ouvre sur les berges arrondies à saveur de fruits, Des sables barbouillés de mille bulles de gaieté. Le regard caresse les arbres plumetis Déployés en souples éventails Comme habités d’ocelles où se trame la lumière. Arbres à portée de rêve et hors d’assaut de brise Semblant ici Jardiner Où les buissons fleurs fruitées éclatent en cornes d’abondance. Nul tangage sur la profondeur opacifiée des eaux Là où se sculpte la puissance d’un glacis bleu Incrusté dans la ligne de terre en feu ou vermeille. Et d’un pont vagabond, Le charme d’une sardane Le pied, la main, le corps fœtal Jusqu’à se blottir entre les mamelles pérennes des Pyrénées Gonflées de paysages. Et puis Effeuiller le ciel De mille et une feuilles où s’écrit La transparence .
30/11/09
 
Paroles d’automne posées Au creux du ruisseau.
Dans l’herbe , les feuilles La vie, le souvenir des rêves Chamaniques.
Le chêne se dore et s’élance Derniers feux, sublime lumière. L’automne au détour du chemin
Pies aigrillardes, geais batailleurs Au sol , toute une vie minuscule D’espoir. 24/11/2009


Solitude ensoleillée.
ci-gît le Cataclysme Klaus au cimetière des cimes. Sur la zone désertée des oiseaux Pleure la pâle résine En signes de mauvais sang.
Au sol les souches se dessèchent Ou pathétiques pieuvres pantelantes Rivalisent avec les survivants tels des roseaux Promis aux prochains assauts pugnaces des éléments.
23/11/09
 Hier...
Dans le Port de la Lune Les flots de la Garonne Prenaient des airs de lagune. Parés de leurs reflets d’argent, ils allaient A la rencontre de la flèche Saint Michel. Au loin Le Pont de Pierre Et la frise de la Ville se dessinaient Sur un ciel étonnamment gris , bistre et bleuté.
Aujourd’hui...
Sur la Garonne à marée basse Emergent les traîtres épaves d’un temps de grimace, De poudre, de sang et d’occupation des jours amers. Au nord une barre de brume mauve plombe encore Le Pont d’Aquitaine et les Hauts de Lormont aux feuillages d’or, Tandis qu’au sud, le Pont De Pierre majestueux accroche le regard. En toutes saisons le passant s’attarde et n’en finit pas de rêver Sur les flots veloutés du Port de la Lune aux allures de lagune.
17/18 novembre 2009
  le Palais Gallien, amphithéâtre et des détailsde mosaïques provenant de villas gallo romaines
Aux temps de Burdigala
fondation d’une cité marchande qui prit le nom de BORDEAUX au Moyen-Age
« Burdigala se trouve au carrefour des voies de communication, entre l’Atlantique et la Méditerranée, entre les pays de Loire et les Charentes vers les Pyrénées et la péninsule ibérique, la ville devient une place commerciale essentielle sur la route de l’étain. Le voyage commence dans les mines de Cornouailles de l’actuel Pays de Galles pour desservir le monde antique, grand consommateur de ce métal, nécessaire avec le cuivre pour fabriquer le bronze. » Le trafic a été mis en place depuis l’âge de bronze concernant l’étain et l’ambre venant de la Baltique.
« A bord de petits bateaux en osier recouverts de peaux, à voiles de cuir, les commerçants phéniciens puis romains remontent facilement l’océan jusqu’au-dessus de Toulouse. Là par portage assuré sur 80 km par bête bâtée, le transport de frêt jusqu’aux eaux de l’Aude donne accès à la Méditerranée.
Les Bituriges Vivisques surent très bien prendre des dispositions pour percevoir des taxes sur tout navire passant devant chez eux. En quelques décades, ils furent ainsi en mesure de contrôler le trafic de l’étain et de surcroît , la plupart des échanges entre la Méditerranée et l’Atlantique . »
Burdigala, fondée au III ème siècle avant Jésus-Christ est un port où les bateaux sont à l’abri des tempêtes et des voleurs. Cependant, les fouilles archéologiques menées des les années 20 à Bordeaux, ont mis au jour des habitats protohistoriques du 5ème siècle avant Jésus-Christ. Ce qui nous amène à une occupation du territoire bien avant le 3ème siècle avant J.-C. Dès la fin du II ème siècle avant J-C les Bituriges Vivisques ont acquis une réputation de métallurgistes et de commerçants avisés. »
En se soumettant à Rome en 56 av. J.-C., Burdigala devient un "emporium" du monde romain, l’un des comptoirs commerciaux d’un vaste empire qui s'étendra bientôt de l’Angleterre à l’Egypte.
Les navires grecs, bretons, ibères ou celtes se côtoient dans le port de la ville. On y échange toujours l’étain, mais aussi des outils, de la céramique grecque ou du cuivre d’Espagne, du blé et des produits méditerranéens. Le vin commence rapidement à être produit sur place après l’adaptation d’un cépage importé d’Albanie, la "biturica". introduction du livre« Quand les Anglais vendangeaient l’Aquitaine » D’Aliénor à Jeanne D’Arc » par Jean-Marc Soyez ************************************************************** Quelques précisions supplémentaires acquises au cours d’une conférence et de lectures complémentaires:
La signification étymologique de BURDIGALA fait toujours à ce jour l’objet d’hypothèses : il y a sans doute le mot « bourg de»
Les Bituriges vivisques, peuple celte, venu probablement de Bourges : Bituriges signifie LES SEIGNEURS. Vivisques veut dire DEPLACE en gaulois. Ils se sont fondus dans la civilisation gallo romaine et sont devenus fidèles à Rome par intérêt
Le Port antique (aujourd’hui quartier Saint Pierre) bénéficiait de la profondeur conséquente d’un fleuve GARONNA (7 m de profondeur) et deux rivières aujourd’hui canalisées en réseau souterrain s’y déversaient : Le Peugue et la Devèze.Ces deux rivières ont permis des installations annexes du port, abritées, permettant de stocker la marchandise dans des entrepôts. Dès le I er siècle de notre ère, le vin est devenu très important. Les taxes prélevées lors de leur importation de la Méditerranée dans Burdigala étaient telles que les habitants ont décidé d’implanter une vitis vinifera(la vigne sauvage existait déjà)qui résisterait à l’humidité et au froid . Le cépage initial « BASILICA », « BITURICA »vient sans doute de Macédoine. Rapidement a été produit un vin intéressant qui se révélait un vin de garde.
A noter que le mot BARRICADE vient de barrique car on protestait en élevant des barrages de barriques. Quant à BITURE ? Qui sait s’il n’ a pas à voir avec les Bituriges ?
sous AUGUSTE , les architectes romains dessinent le tracé de la ville autour des axes perpendiculaires CARDO et DECUMANUS(aujourd’hui respectivement Axe nord –sud de la rue Sainte Catherine et axe ouest-est de la rue Porte-Dijeaux)
Sous VESPASIEN, Burdigala est moins importante que MEDIOLANUM SANTONUM(Saintes). Elle la supplantera avec ses 126 ha au III ème siècle après JC.
Decimus Magnus Ausonius: poète né et mort à Burdigala (310-395), fils du médecin bazadais Julius Ausonius et de la dacquoise Emilia Aeonie.Grammaticus, il occupe une chaire de Rhetor à l'Auditorium de Burdigala ( Université créée autour les années 290); il fut ensuite précepteur du jeune Gratien à la cour impériale de Trèves, devint Préfet du Prétoire puis Consul, et obtint un siège curule à Rome. Ausone possédait de nombreuses propriétés en Aquitaine dont une en Pagus Novarus, près des terres de Saint Seurin,( à Caudéran) à proximité des ruines du Palais Gallien qu' il ne mentionne jamais dans ses descriptions de la région. Il avait aussi une propriété viticole à Saint Emilion car à cette époque les riches villas gallo romaines s’installèrent sur les rives de la Garonne et la polyculture vivrière se développa: vigne , céréales, légumineuses à laquelle il fallait ajouter la pêche ( le saumon était très abondant , conservé dans le sel et la saumure…Et on nourrissait les poules avec du caviar !!!!!!!!!!!!)Il y avait des vignes tout autour de la ville.
AUSONE était professeur de la très grande Université de Burdigala dont on ne connaît pas l’emplacement. Mais on sait par des écrits qu’elle avait un grand nombre d’étudiants : 200. Elle formait les élites dirigeantes impériales.
AUSONE fait mention dans ses écrits des embarras de circulation dans Burdigala. Il dit que la ville était invivable.Aux premiers siècle de notre ère, Burdigala s’étendait sur 25 ha et comptait déjà 15000 habitants.On comprend pourquoi il a fallu rapidement pousser les limites du castrum initial
Pour en savoir plus sur Ausone: http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_1845_num_6_1_451924
A noter que deux noms qualifiant les petits cours d’eau se jetant dans la Garonne ont des origines bretonnes. Pas étonnant puisque la ville de Burdigala était en relation étroite avec Nantes pour le commerce :
ESTEY :Nom d'origine celto bretonne (ster=rivière)donné aux petits cours d'eau qui se jettent dans la Garonne. Sur le site de Burdigala les esteys sont les effluents des nombreuses sources.
JALLE:Autre nom celto breton (chall,jall=flux) donné localement aux petites rivières se jetant dans le fleuve(Dans la banlieue bordelaise, on trouve la ville de Saint Médard-en-Jalle) .
Je remercie ceux grâce à qui j'ai pu en savoir un peu plus sur cette ville que j'aime: Ségolène LEFEVRE(Elle a écrit "Les Femmes et l'amour du vin, de l'antiquité à nos jours), Yves SIMONE qui m'a donné le goût de découvrir la ville, les guides qui nous informent lors des fouilles dans la ville et Le MUSEE D'AQUITAINE, qui retrace la vie de la ville et de la région des origines à nos jours. Pour en savoir plus sur le Musée d'Aquitaine: http://www.bordeaux.fr/ebx/portals/ebx.portal?_nfpb=true&_pageLabel=pgSomRub11&classofcontent=sommaire&id=1090
en 1881, la Commission de Publication des Archives municipales confia à Camille Jullian la tâche de publier un recueil des inscriptions romaines de la ville.Le premier tome comprend les inscriptions antérieures à l'an 300 et l'apparition des premières inscriptions chrétiennes(850 textes lapidaires). Ceci est composé de dédicaces, épitaphes, sceaux, marques de fabrique, graffiti pour en savoir plus sur ces textes:
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/mefr_0223-4874_1887_num_7_1_7752
 c'était en mai. lorsque je pénétrai dans le jardin, le merle perché sur le toit des voisins m'accueillit avec force cris: il tenait absolument à communiquer. Je ne compris que plus tard que son petit était tombé du nid.
Je t'offre quelques mots... Je t'écris sans raison Comme une simple amie, Laissant à ta saison Mille roses fleuries, * Je t'offre quelques mots De cet espoir qui rampe, Ce soleil au stylo Est celui qui le trempe... * Et je t'attends demain Au coin de ton sourire, Ton poème à la main, Pour revenir te lire ! Fleurette à Maité, 11/09
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Les mots amis et les roses Je les couche en papier de soie et doucement, sur mon coeur je les dépose.
L'automne et la pluie incessante Ont gaspillé leurs derniers pétales symboles de l'été ,saison si avenante.
Il nous faut maintenant regarder vers les frissons et les flaques Tiens! deux camélias ont fait leur entrée!
Le jardin est mouillé, le merle dépouillé de ses sauts complices dans les allées. Il est parti, sans doute, vers un abri plus douillet.
Dans la maison aux paupières baissées Pudiquement s'ébauchent les sourires En secret se préparent des instants perlés.
Maïté à Fleurette 10/11/09 ♪♪ ♫ ♫ ☼
"L'homme, comme l'arbre,est un être où des forces confuses viennent se tenir debout.L'imagination dynamique n'en demande pas plus pour commencer ses rêves aériens.Tout s'ordonne ensuite dans cette sûre verticalité." Gaston Bachelard L'air et les songes.
"le chemin se défait à la limite même du pied. Le chemin veut être pied et non chemin, limite de soi-même coeur déroulé" Roberto Juarroz Poésie verticale *************** ********* ******
Toi mon ami(e), mon double , mon autre Pousse doucement la porte de la forêt profonde Et dans mes pas, entreprends ce Voyage au pays des Arbres. De ces pinceaux d’écorce si délicatement dressés Ont poussé pour nous les arches d’une grotte lumineuse Où il fait bon fouler le silence et la fraîcheur tutélaires. Seuls , parfois, quelques cris de vies d’enfants Parviennent jusqu’à notre être venu là , cueillir quelque repos Hors des miasmes de la ville toute proche et envahissante. Les vieux de rencontre chuchotent , à mots comptés, Et se reposent sur le banc , lourds du poids de leurs années. Furtivement, un oiseau dessine d’un battement d’ailes Des fils invisibles qui relient , feuille à feuille, Ciel à ciel , Pas à pas, nos univers de rêves à peine ébauchés, Au détour d’une allée surgie de tous ces chemins emmêlés.
Maïté L 05/11/09 ******************* ********************************* ******************************************
" Les arbres ne sont pas immobiles. Ils ont l’air de dormir, comme cela, d’un sommeil épais qui dure des siècles. Ils ont l’air de ne penser à rien. Le petit garçon, lui, savait bien que les arbres ne dormaient pas. Seulement ils sont un peu farouches et timides, et quand ils voient un homme qui s’approche, ils resserrent l’étreinte de leurs racines et ils font le mort. »
Voyage au pays des arbres - Jean-Marie G. Le Clézio (prix Nobel de littérature 2008)
 une rose amie offerte
La vie a un prix Et l’écrit sur l’ardoise du corpsEn lettres majuscules.Et de sa plus belle plumeVenue griffer la rose de sangEffeuillée en pleine poitrineLe temps courtise l’automne.Il fait danser les clairs, les obscurs Et les ombres du vent.Au dehorsSur tapis jaune, sur tapis rougeLe regard épouse Les dernières courbes sensuellesDes roses.La vie a un prix Le pianote en touches blanchesEn notes noiresEt s’arrête sur la plageOù la marée recouvre de son drap pudiqueLes heures d’absence.La rose a fleuriEn pleine poitrine,La rose et puis le bleuet…Et tant pis si les mains Dessinent en brailleDes sourires de coton.L’automne prend son tempsEt sur tapis jaune, sur tapis blancEfface au tableau le prix des tourmentsNe laissant que le cocon d’un ciel bleu assourdissant. 29/10/2009
Je prends ici la suite d'ERELLWEN et de JOHAL pour écrire ces
PAROLES DE FEMMES.
Cinq choix ...
et tout d'abord, parce que je crois au devoir de mémoire, aujourd'hui comme hier:
CHARLOTTE DELBO
O vous qui savez Saviez-vous que la faim fait briller les yeux Que la soif les ternit O vous qui savez Saviez-vous qu'on peut voir sa mère morte Et rester sans larmes O vous qui savez Saviez-vous que le matin on veut mourie Que le soir on a peur O vous qui savez Saviez-vous qu'un jour est plus qu'une année Une minute plus qu'une vie O vous qui savez Saviez-vous que les jambes sont plus vulnérables que les yeux Les nerfs plus durs que les os Le coeur plus solide que l'acier Saviez-vous que les pierres du chemin ne pleurent pas qu'il n'y a qu'un mot pour l'épouvante Qu'un mot pour l'angoisse Saviez-vous que la souffrance n'a pas de limite L'horreur pas de frontière Le saviez-vous Vous qui savez.
Charlotte Delbo qui avait travaillé pour le théâtre avant la guerre, avec Louis Jouvet est une des rares survivantes d'Auschwitz.
************************************************************************************************* SIMONE VEIL
Parce que j'ai eu 20 ans dans ces années-là . Dans ces années-là, si vous aviez un ami majeur, il pouvait être poursuivi... Parce que dans ces années-là, il fallait subir le sermon de certains gynécologues lorsque vous étiez en "age de procréer" et que vous utilisiez un moyen de contraception. Parce que je ruais dans les brancards ne comprenant pas comment la femme avait pu autant être asservie. Parce qu'au pays des Droits de l'Homme,et ailleurs, il y a encore tant à faire pour la femme, j'ai fait ce choix:
Entretien avec une grande dame : SIMONE VEIL L’Assemblée nationale a vécu, du 26 au 29 novembre 1974, des débats d’une rare intensité.
Vous attendiez-vous à de telles réactions en présentant le projet de loi ?
Simone Veil: Je savais que les débats allaient être difficiles, d’autant que des tracts et autres brochures au contenu odieux étaient diffusés auprès des parlementaires. Certains d’entre eux tentaient, jusqu’à la veille de la séance, de me faire retirer le texte, à cause, me disaient-ils, des oppositions et des troubles qu’il suscitait dans la société. Mais j’ai été très surprise de voir certains des parlementaires avec qui j’entretenais des relations amicales tomber dans le machisme et la virulence, surtout quand ils évoquaient les raisons religieuses et philosophiques de leur rejet de la légalisation de l’avortement. Je savais que je pouvais compter sur le soutien des socialistes et des communistes. Il n’est jamais très agréable, quand on est dans une majorité, de compter sur l’opposition pour faire passer son projet, et que certains dans votre camp vous injurient à outrance.
Comment expliquez-vous cette haine - un mot que vous avez utilisé - de la part des parlementaires ? Est-ce parce que l’Assemblée était ultra-masculine ?
Simone Veil : Très peu de femmes siégeaient en effet à l’Assemblée. Si certaines d’entre elles étaient défavorables à la loi, elles ne l’exprimaient pas avec violence. Il y avait dans les propos des hommes comme une espèce d’escalade, sans même que les élus s’en rendent compte, sans qu’ils puissent se maîtriser. Depuis 1947, le gouvernement ne comportait pas de ministre femme. Là, les parlementaires avaient face à eux une femme, ce qu’ils estimaient comme une atteinte à leur pouvoir. De plus, cette femme leur parlait d’un sujet pénible... Je pense qu’ils se seraient comportés différemment avec un homme, par exemple un médecin. Il aurait été dans son « rôle », sans doute mieux accepté. Lucien Neuwirth, qui avait présenté en 1967 la loi sur la contraception, m’avait prévenu : « Vous verrez, cette question soulève une violence très forte. » Le comportement agressif révélait à quel point les hommes avaient peur que les femmes leur échappent. Davantage que l’IVG, la contraception marque la libération des femmes, elle représente le vrai tournant dans l’histoire des hommes et des femmes. À cette époque, l’épouse était complètement dépendante de ce que voulait le mari. L’homme était maître de la procréation."
******************************************************************************************** REGINE PERNOUD
"LA FEMME AU TEMPS DES CATHEDRALES"
Ce livre est l'occasion de couper court aux clichés de la femme , perpétuelle mineure et minorée. Reines, saintes, savantes, pionnières, elles ont traversé leurs époques et forcent notre respect.
Je retiendrai deux figures: d'abord DHUODA. Qui la connaît? On a coutume de dire que le plus ancien traité d'éducation remonte à Rabelais. Faux. Il a fallu que le nom de Dhuoda sorte des sphères Haut-médiévistes pour qu'on se penche sur son"MANUEL POUR MON FILS". Composé au milieu du IX ème siècle, n'y voyez là rien d'étonnant , nous dit Régine Pernoud,"Les questions d'éducation ne sont-elles pas au premier chef du ressort de la femme?"
Et bien sûr on retrouve dans ce livre, celle qui força mon admiration depuis mes 20 ans : ALIENOR D'AQUITAINE, citoyenne d'Europe avant l'heure, femme de caractère et de pouvoir avec la longévité qu'on lui connaît. *************************************************************************************************** ANDREE CHEDID
Une femme de lointaines terres qu'elle a labourées en poésie. Elle a beaucoup contribué à mes yeux, en marge de ses écrits à essayer de définir la poésie. Elle est lien de chair, de mots, d'Histoire.
Un pont entre la poésie et le chant : Si je vous dis Andrée Chedid, Jean-Pierre Siméon, Mathieu et Louis, vous me direz le pouvoir de la parole universelle.
QUAND L'HOMME ECHAPPE
Herbes des jours tranquilles, Au jour où l'on sait nommer.
Aveuglante la rencontre, Ingénu l'accord, Au jour où l'écho se lève, Au jour où l'âme se connaît.
Accents en pente douce, Mots en astres qui délivrent,
Au jour d'entre les jours Où l'homme échappe A ce qu'il dit.
****************************************************************************** MADELEINE MANSIET
Et pour finir, une grande dame récemment découverte alors que nos chemins parallèles jusque là se sont déroulés sous les mêmes cieux faits de forêts, de dunes, d'océans, de lacs , de joies et de peines. Une régionale au grand coeur qui sait écrire " LE CRI SILENCIEUX" lorsqu'il n'est pas roman de nos pestiférés"ROMAN DES CAGOTS D'AQUITAINE". Parce que j'ai été touchée par leur destinée, je me sens quelque part en moi descendante de ces cagots blonds. A travers elle, je fais revivre, pour le meilleur et pour le pire, mes racines. Et le cri silencieux de Madeleine est aussi un peu le mien.Nous avons ceci en commun, et bien d'autres choses: il faut nous apprivoiser pour que nous sachions donner le meilleur de nous-mêmes.
DANS L'AMOUR
Comment est-elle ma fille dans l'amour... Belle, mystérieuse et tendre, comme je ne la verrai Jamais. Désirable, généreuse, comme je ne le saurai jamais... Sait-il, au moins, celui qui me la prend, La regarder, la respirer, la sanctifier... A-t-il assez d'amour à lui donner? Sait-il qu'elle est fragile, vulnérable, que ses soudains éclats de rire, ses silences, peuvent dissimuler le plus grand désarroi Est-il assez perspicace? Devinera-t-il tout ce qui dort en elle d'émotion, de secrètes pulsions, D'attente et d'espoir de bonheur, Et saura-t-il les satisfaire et les combler? Parviendra-t-il à m'effacer? Parviendra-t-il à le gommer, ce lien invisible et ténu Qui nous tient encore l'une à l'autre. Comment est-elle, cette femme que je ne connais pas Quand elle rit ou pleure dans ses bras? Que reste-t-il alors...de mon enfant... De cette toute petite fille Qui vit encore si fort...en moi...
*************************************************************fin du choix qui pourrait se prolonger... si d'autres voulaient jouer le jeu de leurs choix de Paroles de Femmes.
 | Ultima | Aug 24, '09 9:16 PM for everyone |

Dimanche à notre retour, nous l'avons senti: l'automne est déjà là avec ses trottoirs aux épais tapis de feuilles sèches et le prunus habille de rouge l'herbe grillée. Les lilas d'été ont floraison passée: le jardin semble souffrir en cette fin d'été. Marvine est là, fidèle d'entre les fidèles pour nous accueillir. Ultima- et notre conscience sommeille et ne le comprend pas.
Lundi: avec pudeur, le clair de la plume marvinienne glisse sur la vie qui lui joue un mauvais tour. L'ultime regard, les adieux, la décision brutale. Le geste d'amour mûrement réfléchi auparavant Celui qu'on voudrait pouvoir offrir aux humains si nécessaire.
Et cette nuit, comme une lueur de fièvre traverse l'absence et le silence vrillés dans la chair. Marvine s'en est allée dans le fourbe des jours. La compagne, la coquine complice vaincue par la douleur Laisse dans la brume s'éteindre son museau.
S'il y a un paradis pour les chats Que la porte s'ouvre pour laisser entrer Celle dont je crois la fin de vie heureuse Et qui me donna tant de bonheurs.
Bien à vous tous Qui l'avez aimée Qui l'avez croisée Qui l'avez lue Vous qui avez souri et qu'elle a touchés. Ultima...Le mot qui prolonge le meilleur du souvenir.
Maïté Ladrat
 photo offerte par un ami
Une clef…Et pousser la porte de l’île.Ton île Aux lèvres de terre alourdies de galets.Tu les entendras rouler de leur chantQuand l’eau s’engouffreraDans les vides de morte passion.Ils te diront les mystères de l’âme des lieuxLes divergences du corps et de l’espritLes frictions des mots sur ta peau. Et le vent ?Le vent aussi s’engouffrera dans l’outre du tempsNe laissant au pontonAucune trace des baleiniers, des morutiersDes chalutiers à la pipe d’antan.Il te dira tous les RobinsonLeurs rasoirs, leurs cordagesLeurs limes et leurs espoirsLeurs veilles, leurs cales de saumureLeurs amarres rompuesLeurs doigts engourdis de sel et de souffrancesEt leurs bains de lumièresLeurs pieds d’argile auront foulé la terrePour mieux s’en défaireEt rejeter au loin les murs, Les portes et les toits trop pesants.Une clef à la mer !Et en toiLes voilà devenus lointains vols de mouettesEt refrains de langues rudesCahots de vagues traîtresses.Avant de se repaître de terre retournéeBosselée, et de collines en clarinesDans la maison de l’île, libéréeDes mannes hauturièresGalet après galetJour après jour, mot après mot. Pour toi,L’île surgira de la brume.Ecoute-là déjà pulserAu creux de tes paumes offertes.Quand elles se refermerontSur l’œil en larme de pierreEboulis, éboulis et sable lustréAux restes d’ardeurs solairesTout ou presqueS’effaceraBistre sera la marée…
Maïté L le 24/07/ 09
Et bon anniversaire Johal , toi qui aimes aussi les îles. Avec toute mon affection.
 photo trouvée sur le site de Thalassa
Berceuse pour une île au bout de l’Europe : les îles Blasket, aperçues dans l’émission Thalassa du vendredi 17/07/09 sur FR3
J’ai trouvé : Une île-Mon île de ciel du bout du monde- Aux accents roux d’Irlande.
Soudain, J’entends une respiration saccadée Celle des maisons de pierre abandonnées Et puis … Il me faut Ne plus Résister. Penser gaélique Et prendre la vague Qui hurle et fracasse Son écume haut- toujours plus haut Sur les dents des rochers ébréchés Tombant à pic dans les profondeurs.
Violence flamenco au nord Sur des fonds en furie Aux couleurs émeraudes sans pitié. Océan sauvage, Pardonne-nous , pauvres pêcheurs Rompant l’horizon à la ligne Nous, les sentinelles dont le regard S’égare au sel du danger. Malgré la tourmente, Le coeur en équilibre J’imagine le Calme… Le calme et la volupté.
Et bien vite l’hiver, l’inaccessible hiver revient Sur l’île dont les chaînes se brisent A pas d’estran englouti, dans les lourds tissus de brume.
Une île, ce sera Elle , mon île. J’habite cette île de mes pensées. Je l’ai choisie Livrée aux refrains des vents tentaculaires, Vrillée au cœur des rochers, Retrouvant, Dans la laitance de ses flots couvés par le vide, Sa virginité. Mes yeux ouverts sur les infimes parcelles d’immobile Prennent le pouls du présent, distillent des parfums De lagune imaginaire et de coquilles de vagues, Ecoutent les refrains de jours bulles Gravés sur le front serein de mon île. Mon île, Où le vent efface les rides Tracées au scalpel de la vie.
Ici, Le do et le sol de mon île S’entendent en notes rondes En troupeaux de moutons, Au maquillage d’été rouge et bleu. Mon île- je le veux- sera douceur Et puis une respiration… Et puis en retenant mon souffle, Faire corps avec l’île Pour le bonheur d’une caresse marine Ou du reflet de ce monde oublié. Maïté L Le 19/07/09 **********************************************************
Et ce poème est pour moi l'occasion de souhaiter un joyeux
anniversaire à MOADI, toujours présente sur ces pages, et
fidèle en amitié.
Dormir bercé de légendes dans les bras d'un souvenir faisant un rêve Gabriel Okoundji *********************************************************
Ainsi vont les rêves... L’été a posé ses langues de pluie Tandis que la nuit à rêvé ses pointes de froid.Scintillement au matin : les roses-pompon frémissent, Pelotonnées sous le vent et la chape grise.Dans le jardin reverdi, La chatte a quitté son petit nid, Où cachée en rond elle se faisait oublier.Seuls deux yeux paraissaient entre les herbes,Deux perles bien étonnéesQue l’on pût la remarquerQuand d’aventure, un regard se posait, Sur le petit monde qui vit à nos pieds.L’été a posé encore ses langues de pluieLa nuit a rêvé à l’envers ses pointes de froid, Et sur l’oreiller, l’esprit , que je croyais ensommeillé, A dessiné des contrées où, éveillée, je ne saurais aller.Abordant des musées, des vestiges grecs d’un lointain passéAu plus profond de la nuit, voilà L’Histoire ressuscitée.Ces images nées du souffle de la dormeuse et juste effleuréesOnt pris naissance dans l’immatériel où elles seront perdues à jamaisQuand mon corps au réveil retrouvera la réalité.Au matin, le sillon de vie qui semblait, au point de nuit arrêté, Reprend sa course, sur le tapis déroulant des heures ébauchées.Il faut se lever, laisser les horizons chimériques doucement s’estomper,L’esprit faire corps avec le vieux cocon charnel reçu en héritage.Vite :Le petit-déjeuner , ouvrir les fenêtres et se rendre à l’évidence : Aujourd’hui,l’été a toujours les mêmes langues de pluieEt la nuit nous a laissé ses points de froid argenté.07/07/09 Maïté L http://alienor.multiply.com/photos/album/259/259
 simplement inspirée par un oiseau de mots....(busard) http://busardeco.over-blog.com/
Au ballet lointain des hirondelles
Le soir en contre jour effeuille ses dentelles.
En silence ,de ci, de là, le hamac oscille
Et les paupières se font lourdes.
Quand soudain du rêve de l'oiseau mystère
Fleurit l'arc-en ciel de ses ailes....
La corneille au loin lance le pic de son cri
Les feuilles noircies par l’ombre
Découpent minutieusement
Ce qui reste de flamme en mouvement
Et frémissent imperceptiblement.
De la terre monte la chaleur du jour
L’humidité reste emprisonnée en bulles
Au cœur de chaque brin d’herbe.
Est-ce l’absence de douleurs résignées
Le dérisoire du point d’harmonie
Qui taquine savamment
Le creux des reins arrondi ?
Est-ce la mémoire des pierres victimes
D’une aridité de surface
Convolant à blanc sur leurs flancs
Qui prend en couleurs le gris
Simple otage d’une demi nuit ?
La fin du jour s’étend comme une ombrelle
et s’accroche au chapeau divin de l’été
Tandis que l’oiseau mystère sourit
Et se pose du bout de l’aile
Sur l’arc-en-ciel de la fontaine.
Deux pas de côté, il faut rentrer,
Le bal des hirondelles a cessé.
Sur la pointe des pieds
Pour ne point effaroucher
Le souffle des fées
Et de leur oiseau mystère.
Maïté L le 2 07 09
 
On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.- Un beau soir, foin des bocks et de la limonade, Des cafés tapageurs aux lustres éclatants ! - On va sous les tilleuls verts de la promenade.
Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin ! L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ; Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas loin - A des parfums de vigne et des parfums de bière.... Rimbaud ***************************************************** La fenêtre est ouverte : Les boutons d’or à foison Et l’odeur des foins Entrent dans la maison. l’air de juin a quelque chose de spécial. Dans les prairies venues à maturité Exemptes jusque là de pas humains Et, ça et là courbées par le vent Entre les taches vertes, roses ou jaunes Les grillons grigritent, heureux. Tout au long des fossés Ont poussé les petites marguerites Et dans les marais, les iris d’eau Se mirent, jaunes, inaccessibles : C’est pour cela que je les aime tant : Ils font partie de mes rêves d’enfant. Et puis, Couleur citron et menthe à l’eau Vichy parsemé de ciel ou jus de framboise En jupes légères et malgré les robes sages, Les pensées s’agitent et fourmillent Se couchent d’une écriture serrée Dans le journal intimement caché Et retrouvé par hasard cette année , au fond d’une armoire. Beaucoup d’années ont passé Comment savoir lorsqu’on a dix-sept ans « Si un paysage est un état d’âme » ou « Si l’homme s’arroge tous les droits sur les animaux » Ou « ce que l’art apporte à l’homme ? » J’ai retrouvé entre les pages mes écrits d’alors, Citations, fleurs séchées, larmes et petits bonheurs, Poèmes d’amours naissants et profonds chagrins, Et bien sagement recopiées : mes dissertations Et mes pensées que l’on voulait savantes mes inquiétudes aussi devant l’avenir… Juin et dix-sept étés à la campagne, Les prairies respirent et se couchent toujours au vent Comme les mots d'alors ne laissant aucun vide Sur ces pages bien remplies d’espoirs et d’études. Les cheveux longs , les chevauchées solitaires La vitesse du solex karaoké et les dérapages Se terminaient dans la poussière et les flaques étaient traîtres. C’était il y a bien longtemps, j’étais si sérieuse quand j’avais dix-sept ans ! Maïté L
 | Sauvage | Jun 15, '09 11:25 AM for everyone |
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